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L’auteur
Jimenez Julien, celui qui a mis le conduit au centre
Fumisto n’est pas né d’une étude de marché sur les artisans. Il est né d’un carnet de tournée toilé, posé sur un établi, dans lequel une entreprise de deux techniciens tenait 1 100 conduits, des fréquences départementales de mémoire et des réserves écrites au crayon.
Le carnet, la souche et la date que personne ne connaissait
La première fois que j’ai vu de près l’organisation d’une entreprise de ramonage, c’était un mercredi d’octobre, dans un atelier de la vallée où l’on rangeait les cannes contre le mur. Le gérant venait de rentrer de tournée. Il a posé son carnet sur l’établi, l’a ouvert à la page du jour, et m’a montré comment il travaillait : une ligne par adresse, une colonne pour le combustible, une pour la date du passage précédent, et une marge où il écrivait ce qu’il avait vu sur la souche. Chapeau descellé. Boisseau fissuré au troisième étage. Accès par échelle uniquement, prévenir la veille.
Je lui ai demandé comment il savait quels conduits devaient être passés cette semaine. Il m’a répondu qu’il le savait, tout simplement, parce qu’il faisait ce métier depuis vingt-deux ans et qu’il connaissait ses clients. Puis il a ajouté, sans y attacher d’importance, qu’il y avait toujours une centaine de contrats qui passaient à la trappe dans l’année, et qu’il finissait par les rattraper au printemps, ou pas.
Une centaine de contrats. À 120 euros le passage, cela faisait 12 000 euros de chiffre d’affaires récurrent qui n’apparaissaient dans aucun tableau, parce qu’ils n’avaient jamais été facturés. Ce n’était ni une erreur de gestion ni de la négligence : c’était structurel. Rien, dans les outils dont il disposait, ne savait ce qu’était un conduit. Son logiciel de facturation connaissait des clients et des lignes de vente. Son agenda connaissait des rendez-vous. Aucun des deux ne savait qu’à cette adresse, un insert bois raccordé sur un conduit maçonné devait être ramoné selon la règle de son département, et que la fenêtre se refermait.
La fréquence n’est pas nationale, et c’est là que tout se joue
En creusant, je suis tombé sur ce que tous les professionnels du secteur savent et que presque personne n’a jamais rassemblé : la fréquence de ramonage n’est pas fixée au niveau national. Elle relève du règlement sanitaire départemental, décliné par arrêté préfectoral, et son contenu varie d’un département à l’autre. Le combustible change encore la donne. Une entreprise qui travaille sur deux ou trois départements applique donc, en pratique, la règle qu’elle a apprise au premier, et découvre la différence le jour où un client ou un assureur la lui oppose.
J’ai passé plusieurs mois à lire ces règlements, département par département, à noter ce qui différait, à comparer les rédactions et à comprendre ce qu’un ramoneur doit en retenir dans sa camionnette. Ce travail est devenu le référentiel de fréquences qui alimente aujourd’hui chaque fiche conduit de Fumisto. Il est daté, relu chaque année, et affiché : quand le logiciel annonce une date limite, il indique la règle sur laquelle il s’appuie. Un artisan n’a pas à croire un logiciel sur parole quand sa responsabilité est en jeu.
Le sinistre, ou pourquoi la preuve compte autant que le passage
La deuxième chose que j’ai comprise, je l’ai comprise en écoutant une cogérante raconter un feu de cheminée survenu chez un client suivi depuis six ans. L’expert avait demandé les certificats des trois dernières saisons et l’historique des réserves. L’entreprise avait bien fait le travail, chaque année, à la bonne période. Mais les certificats étaient partis en copie papier, les réserves étaient sur des carnets rangés dans un carton, et il a fallu trois jours pour reconstituer un dossier partiel.
Un passage exécuté sans preuve datée n’existe pas devant un expert. C’est brutal, mais c’est la réalité de ce métier : le certificat de ramonage est la pièce que l’assureur réclame après l’incendie, et la réserve signalée par écrit est ce qui distingue l’entreprise qui a fait son travail de celle qui devra le démontrer. C’est pour cette raison que dans Fumisto, la photo, la réserve et le certificat sont attachés au conduit et non au nom du client. Le client déménage, le conduit reste.
Ce que je me suis interdit en construisant Fumisto
Je me suis interdit trois choses, et je m’y tiens.
- Ne pas fabriquer un agenda généraliste repeint en couleurs de ramonage. Le conduit est l’objet central, avec son département, son combustible, son appareil raccordé, son accès et son historique. Tout le reste en découle.
- Ne pas facturer au conduit ni prendre de commission sur les passages. Une entreprise qui grossit son parc ne doit pas voir sa facture logicielle grossir avec lui. Le prix suit le nombre de techniciens, point.
- Ne rien promettre qu’un ramoneur ne puisse vérifier lui-même sur sa tournée d’octobre. Les chiffres affichés sur ce site viennent de parcs réels, de 600 à 1 500 conduits, et se recomptent en mars quand la saison est arrêtée.
Ma méthode de travail
Je construis peu de fonctions, et je les construis avec des utilisateurs qui montent encore sur les toits. Chaque campagne d’automne, je passe des journées en camionnette : c’est là que l’on voit qu’une feuille de route doit tenir sur un écran de téléphone gelé, qu’un technicien ne saisira jamais douze champs au pied d’une chaudière, et que le réseau tombe dans les hameaux de moyenne montagne. La saisie hors couverture n’est pas une option technique, c’est une condition d’usage.
Je réponds moi-même aux demandes qui arrivent par le formulaire de ce site. Quand une entreprise s’équipe, c’est moi qui reprends son fichier avec elle, adresse par adresse, et qui vérifie les fréquences appliquées avant la première campagne. Ce n’est pas une posture commerciale : c’est le seul moyen de savoir ce que contient réellement le parc d’un ramoneur, et de continuer à écrire un logiciel qui corresponde à son métier plutôt qu’à l’idée que l’on s’en fait depuis un bureau.
Enfin, je publie. La carte des fréquences départementales est mise à disposition parce qu’un professionnel doit pouvoir vérifier la règle de son département sans acheter quoi que ce soit, et parce que les assureurs et les experts qui réclament les certificats gagnent, eux aussi, à ce que ces certificats soient conformes.
Ce que j’écris dans Le Carnet du Conduit
Le Carnet du Conduit est le magazine de Fumisto. J’y écris ce que je vois sur les parcs que je reprends: la règle applicable dans un département, la valeur d’un certificat devant un assureur, l’organisation d’une campagne d’automne et le coût d’un contrat qui n’est jamais exécuté. Les neuf articles ci-dessous sont parus le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne du site.
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Construire le registre des conduits de votre parc, département par département
La méthode pour écrire le registre de votre parc, conduit par conduit, avec la fréquence du département et la date limite du prochain passage.
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Ramonage: ce que le règlement sanitaire départemental impose vraiment
Ce que le texte impose vraiment au ramonage, ce qu’il laisse ouvert, et qui paie entre le bailleur et le locataire.
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Six erreurs qui rendent votre certificat de ramonage inutile après un sinistre
Six fautes de rédaction ou d’archivage qui affaiblissent un certificat le jour où l’assureur le réclame.
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Fiches papier, tableur ou registre de conduits: ce que chaque méthode tient
Carnet, tableur ou registre outillé: ce que chaque méthode tient vraiment, et l’endroit précis où elle casse.
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Feu de cheminée chez un client: reconstituer le dossier du conduit pour l’expert
Le déroulé complet d’un feu de cheminée chez un client, de l’appel du soir au rendez-vous d’expertise.
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Avant de redescendre du toit: la checklist de fin de passage sur un conduit
La liste opérationnelle à dérouler sur chaque conduit avant de replier les cannes et de redescendre du toit.
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La saison de ramonage mois par mois, de la remise à plat aux seconds passages
De juin à mars, la tâche qui revient à chaque mois de la saison, de la remise à plat du parc aux seconds passages.
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Ce que coûte vraiment un contrat de ramonage non exécuté, poste par poste
La trame de calcul, poste par poste, de ce que coûte réellement un contrat de ramonage qui n’est pas exécuté.
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Parc bois: ce qui change pour les ramoneurs et comment s’y préparer
Appareils renouvelés, conduits tubés, zones encadrées et assureurs plus exigeants: ce que ces évolutions déplacent.
Le sommaire complet du Carnet du Conduit
L’éditeur
Fumisto est édité par MLJ, SASU au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837, inscrite au greffe de Paris le 30 octobre 2024, numéro de TVA intracommunautaire FR44934769837. Directeur de la publication : Jimenez Julien.
MLJ conçoit et édite des logiciels métier destinés à des professions dont l’activité est encadrée par une réglementation française précise. Fumisto en fait partie : sans le règlement sanitaire départemental, sans l’obligation d’entretien annuel des chaudières et sans la valeur probante du certificat de ramonage devant un assureur, ce produit n’aurait pas de raison d’exister.
Les détails d’immatriculation figurent dans les mentions légales.
Me suivre et me joindre
Pour toute question sur votre parc, sur la reprise de votre fichier ou sur la règle applicable dans votre département, écrivez directement à jimenezjulien42@gmail.com. La réponse arrive sous un jour ouvré.