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Fumisto Parler de mon parc

checklist 11 minutes de lecture

Avant de redescendre du toit: la checklist de fin de passage sur un conduit

Un passage bien fait qui n’est pas relevé ne vaut rien six mois plus tard. Entre la souche, le raccordement, l’appareil et les réserves, une dizaine de points doivent être vus et notés avant de replier les cannes. Voici la liste opérationnelle à dérouler sur chaque conduit, dans l’ordre.

Gros plan sur un mousqueton de longe clipsé par un ramoneur harnaché sur un point d’ancrage de toiture

Écrit par Jimenez Julien, éditeur de Fumisto. Publié le , mis à jour le .

La fin de passage est décisive. Souche, conduit, appareil sont traités. Sans notes datées, photos et remise, rien ne pèsera en cas de feu de cheminée ni pour planifier la campagne d’automne. Objectif: quitter le toit en sachant le conduit propre, avec des constats exploitables et une prochaine fenêtre réglementaire calée.

Chaque point ci-dessous est formulé pour être repris tel quel sur le certificat de ramonage ou l’attestation d’entretien. Les mentions obligatoires varient selon l’appareil et le département, mais la méthode reste la même: constater, qualifier, documenter, transmettre, archiver.

Avant de monter: accès, ancrage, protection du logement

Le point d’ancrage et la ligne de vie

Avant de sortir la canne, on choisit l’accès, le point d’ancrage et la ligne de vie. Les travaux temporaires en hauteur imposent prévention et hiérarchisation des protections collectives. Les articles R. 4323-58 et suivants du code du travail exigent d’organiser l’intervention pour limiter la chute et d’utiliser des équipements adaptés. Le choix se fait au sol: toiture praticable avec échelle de toit et crochet, nacelle si l’environnement l’impose, ou intervention par l’intérieur si la souche est inaccessible en sécurité.

L’état de la couverture et l’échelle de toit

Dès l’approche, on lit la couverture: ardoises ou tuiles fendues, zones fragilisées, mousses, pente. On positionne l’échelle de toit sans point d’appui destructeur et on vérifie le franchissement du faîtage. Un contrôle visuel de la souche depuis l’échelle guide la suite: chapeau vrillé, solin décollé, joints ouverts, autant d’indices pour préparer le relevé et anticiper d’éventuels travaux de fumisterie.

La protection de l’intérieur avant ouverture

On protège la pièce avant d’ouvrir: bâche au sol, adhésif de masquage sur les meubles proches, aspirateur opérationnel, obturateur du conduit côté appareil. Cette préparation évite la dispersion des suies, protège les mobiliers et limite les réclamations. Notez le mode de protection utilisé. En cas de litige sur un dégât, pouvoir décrire précisément la protection posée et l’ordre des opérations protège l’entreprise autant que le client.

Sur la souche: ce qui doit être regardé et photographié

Chapeau, mitre, grille

On vérifie la présence, le maintien et l’état du chapeau ou de la mitre, et la propreté des grilles. Un chapeau absent ou déformé, une grille colmatée favorisent l’intrusion d’animaux, la pluie, et perturbent le tirage. Une photo datée, cadrée sur l’accessoire et la section libre, vaut mieux qu’une ligne imprécise dans le certificat. Si la pièce est non conforme ou inadaptée à l’appareil raccordé, le signaler sous forme de réserve.

Maçonnerie, joints, solin

On lit la maçonnerie: brique éclatée, couvre-joints dégradés, couronnement fissuré. Le solin est observé sous tous ses côtés: relevés, bavettes, collage sous tuile. On traque les points d’infiltration et les indices d’instabilité. Ce qui semble mineur produit souvent des percolations qui lessivent la suie et créent des désordres dans le conduit. Un cliché net, si possible avec échelle d’objet, documente l’état à date.

Dépassement en toiture et environnement

On apprécie le dépassement en toiture au regard du DTU 24.1 et l’influence de l’environnement immédiat: faîtage, acrotères, arbres proches, vents dominants. On note les interactions visibles avec d’autres souches ou extracteurs. Un dépassement insuffisant, un masque au vent ou une proximité de feuillage peuvent expliquer un encrassement anormal en aval. La mention reste factuelle: élément masquant, turbulence probable, à vérifier par essais de tirage.

Élément à photographierPourquoi le documenter
Chapeau, mitre, grillePreuve de l’état, ventilation libre, argumentaire de remplacement si inadapté
Couronnement et jointsSuivi d’éventuelles fissures et traçabilité en cas d’infiltration
Solin et raccords de couvertureDétection d’entrées d’eau et appui d’une réserve écrite
Environnement de la soucheContexte aéraulique, justification d’un tirage perturbé

Une photo datée sert à la vente d’un tubage, d’un solin, ou d’une mitre neuve, et protège l’entreprise si un expert recherche l’origine d’un sinistre des mois plus tard.

Dans le conduit: ce que le passage révèle

Nature et épaisseur des dépôts

En travaillant la canne, on qualifie le dépôt: suie sèche pulvérulente, suie grasse, bistre collant, goudron vitrifié. Une épaisseur importante ou une croûte brillante oriente vers un usage inadapté ou un défaut d’air. Écrire: dépôt de bistre adhérent sur paroi, détachement incomplet en un seul passage, nouvelle intervention à prévoir. Évitez les jugements et les causes supposées: décrire la matière, son adhérence et son dégagement réel.

Vacuité et obstacles

La vacuité se vérifie. À la descente, toute opposition anormale de la canne est contrôlée: nid, effondrement de boisseaux, étranglement par suie humide. On précise l’emplacement estimé par rapport à un repère lisible dans la pièce: trappe, té, plaque de contrôle. Formuler: obstacle repéré, enlèvement effectué ou enlèvement impossible sans dépose de l’appareil. Cette précision conditionne le périmètre du certificat de ramonage.

Tubage, dévoiement, trappe de ramonage

On identifie la présence d’un tubage, sa matière, son maintien, les dévoiements éventuels et leur influence sur le guidage des hérissons. On confirme l’existence et l’accessibilité d’une trappe de ramonage. Formuler: tubage métallique apparent, cintre régulier, pas de désolidarisation visible. Ou: tubage écrasé, accroche de canne, passage incomplet au-delà du coude. Objectif: donner à lire le chemin parcouru et ses limites, pour que le document remis soit opposable.

Au pied de l’appareil: raccordement et usage

Raccordement, joints, distances

On contrôle le piquage, les longueurs apparentes, les joints et la tenue du raccordement à l’appareil. Les distances aux matériaux combustibles sont appréciées au regard des notices et des règles de l’art. On indique les dévoiements, les bouclages inutiles et l’état des colliers. Exemple: piquage rigide, joints noircis côté appareil, reprise conseillée. Si un élément empêche un ramonage complet, cela bascule en réserve documentée.

Combustible réellement brûlé

On demande au client ce qu’il brûle. Le combustible réel diffère parfois du combustible déclaré au contrat et change la fréquence imposée par le règlement sanitaire départemental, donc la date limite de la prochaine intervention. Notez le combustible utilisé et, le cas échéant, la divergence avec le contrat. Pour cadrer ce point, voir ce que le règlement sanitaire départemental impose vraiment.

Amenée d’air et fonctionnement décrit par le client

On observe l’amenée d’air et on écoute le récit du tirage: allumage difficile, refoulements, vitre qui s’encrasse vite, odeur de fumée dans une pièce voisine. Ces éléments orientent le diagnostic et doivent figurer tels quels dans la rubrique observations. Évitez les interprétations prématurées. Écrire ce qui est dit et ce qui est vu: amenée d’air obturée, plainte de refoulement à l’allumage, tirage jugé faible par l’usager. Indices utiles pour décider d’un tubage ou d’un réglage.

Les constats qui deviennent des réserves

La différence entre une remarque et une réserve

Tout ne devient pas une réserve. Règle de tri: tout ce qui peut concourir à un sinistre ou empêcher un ramonage complet devient une réserve écrite, datée, remise au client. Le reste demeure une remarque. Une réserve engage un suivi jusqu’à sa levée et borne la responsabilité de l’entreprise si elle n’est pas traitée par le propriétaire ou l’installateur. Elle doit être précise, vérifiable, et reliée à un effet concret sur la sécurité ou la prestation.

Comment l’écrire pour qu’elle protège

Une bonne réserve décrit un fait observable, situe le point, mentionne la conséquence, et indique la suite attendue. Exemples utilisables:

  • Solin côté nord décollé sur plusieurs tuiles, risque d’infiltration vers le conduit, contrôle d’étanchéité et reprise à prévoir.
  • Obstacle dur dans le conduit au-dessus du té, enlèvement impossible sans dépose du raccordement, ramonage partiel limité au pied, intervention fumisterie requise.
  • Grille de chapeau obstruée par nid ancien, tirage réduit, remplacement ou nettoyage du chapeau conseillé avant remise en service.

Relisez vos réserves à la lumière de l’assurabilité du document. Évitez les causes supposées et les termes vagues. Pour sécuriser la rédaction, confrontez vos modèles aux erreurs qui rendent un certificat de ramonage inutilisable. Une réserve se suit et se clôt, idéalement avec photo de levée et mention sur le prochain passage.

Avant de repartir: le document remis et la mise à jour du conduit

Le certificat ou l’attestation, selon l’appareil

Selon l’appareil et le combustible, vous remettez un certificat de ramonage ou une attestation d’entretien. Pour les chaudières, l’entretien annuel est encadré par l’arrêté du 15 septembre 2009 modifié, avec attestation remise au commanditaire dans le délai prévu. Dans tous les cas, les mentions couvrent l’adresse, l’appareil raccordé, le combustible, la date, l’identité du technicien, le périmètre réel du passage, les anomalies et les réserves.

La date limite du prochain passage

Inscrivez la date limite du prochain passage en fonction de la fréquence imposée par le règlement sanitaire du département et du combustible réellement brûlé. Cette date déclenche la prochaine fenêtre réglementaire et organise vos tournées. Pour fiabiliser ce point à l’échelle d’un parc sous contrat, reportez-vous à la méthode décrite dans fréquence par département dans votre registre de conduits.

La checklist à imprimer et à plier dans le fourgon

Voici la liste opérationnelle, numérotée, à glisser dans le fourgon. Chaque item doit être vu, noté, ou barré si non applicable.

  1. Mode d’accès choisi et point d’ancrage défini avant intervention.
  2. Protection intérieure posée: bâches, masquages, obturateur, aspirateur prêt.
  3. Souche contrôlée visuellement depuis l’échelle de toit.
  4. Chapeau, mitre, grille: état, propreté, photo datée prise.
  5. Maçonnerie, joints, couronnement: observation et photo si défaut.
  6. Solin et raccords de couverture: contrôle des relevés, photo si doute.
  7. Environnement de la souche: éléments masquants, interactions notées.
  8. Nature des dépôts décrite et épaisseur qualifiée.
  9. Vacuité vérifiée, obstacles levés ou décrits avec localisation.
  10. Tubage, dévoiements, trappe: présence, accessibilité, limites du passage.
  11. Raccordement côté appareil: joints, distances, tenue mécanique.
  12. Combustible réellement brûlé confirmé avec le client.
  13. Amenée d’air et retours d’usage du client consignés.
  14. Réserves rédigées, datées, remises au client avec suites attendues.
  15. Certificat ou attestation édité, mentions complètes, envoi effectué.
  16. Date limite du prochain passage notée sur la fiche du conduit.

Dernier tour d’œil dans la pièce: enlever les protections, aspirer, remettre en ordre, et redescendre du toit avec un dossier de conduit exploitable et opposable.

En synthèse: une tournée qui capitalise

Monter, ramoner, redescendre ne suffit plus. Ce qui protège l’entreprise, c’est un relevé structuré par conduit, des réserves claires, un certificat complet, et une date limite calée selon le département et le combustible. La même méthode sert la sécurité, la relation client et la facturation de la saison suivante. Centraliser ces éléments dans une fiche conduit qui calcule la fenêtre réglementaire, construit la campagne d’automne et archive les preuves transforme un passage en actif.

Pour industrialiser cette démarche à l’échelle de votre parc sous contrat et reconstituer un dossier en cas d’expertise, voyez la campagne d’automne et la gestion par conduit dans la campagne d’automne dans Fumisto. Vous réduirez le volume de contrats non exécutés et garderez la main sur vos conduits sensibles.

La suite

Vous voulez voir ce que donne votre parc dans un registre de conduits, avec la fréquence de chaque département et la date limite de chaque passage ? Nous ouvrons Fumisto sur vos adresses réelles, votre combustible dominant et vos contrats les plus anciens.

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Portrait de Jimenez Julien, éditeur du logiciel Fumisto

Jimenez Julien

Éditeur de Fumisto, il a passé plusieurs campagnes d’automne en camionnette avec des entreprises de ramonage, à relire des carnets de tournée et à comparer les règlements sanitaires département par département. Il répond lui-même aux demandes qui arrivent par ce site, et reprend les fichiers de parc adresse par adresse avant la première saison.

Le parcours complet de Jimenez Julien

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