calendrier 10 minutes de lecture
La saison de ramonage mois par mois, de la remise à plat aux seconds passages
Une campagne d’automne réussie se prépare en juin, pas le premier lundi d’octobre quand le téléphone sonne. Chaque mois de l’année porte une tâche précise: remise à plat du parc, préparation des tournées, propositions de créneaux, reports, seconds passages, relances. Voici le calendrier complet d’une saison.
Écrit par Jimenez Julien, éditeur de Fumisto. Publié le , mis à jour le .
La saison de ramonage se gagne au calendrier: fréquence fixée par le règlement sanitaire départemental, fenêtres variables selon le combustible, certificat opposable à l’assureur. Pour un parc sous contrat, il faut un déroulé mois par mois, du tri de juin aux seconds passages d’hiver.
Ce guide déroule une année type: tâches à caler, points de contrôle pour éviter les contrats non exécutés, rappels réglementaires, jalons d’automne et place de l’entretien annuel des chaudières et de son attestation.
Juin et juillet: la remise à plat du parc
Solder la saison précédente
Fermez l’hiver: vérifiez que chaque conduit a son certificat de ramonage archivé (date, adresse, appareil raccordé, combustible, réserves, photos). Éditez la liste des conduits jamais passés, reportés ou annulés, classée par commune. Sans cette remise à plat, vous générez des contrats non exécutés et un parc décalé d’un an.
Sur ce lot, ciblez les causes récurrentes: absence de l’occupant, accès toiture impossible, trappe de visite manquante, nid, bistre, tubage ajouré. Notez l’action attendue (recontact ou devis de fumisterie) pour ne pas confondre en octobre un no-show et un dévoiement dangereux.
Vérifier les fréquences par département
La fréquence découle du règlement sanitaire départemental, modulée selon combustible et type d’appareil. Pour chaque conduit: adresse, département, appareil raccordé; confrontez au texte local. La fenêtre peut imposer une ou deux opérations par an.
Si votre registre est incomplet, structurez-le par conduits, pas par clients. Adresse, étage, accès, appareil et combustible, département, dernier passage, réserves: tout doit tenir en une fiche. Pour une méthode pas à pas, voir construire le registre des conduits de votre parc, département par département.
Nettoyer les coordonnées et les accès
Le taux de confirmation d’octobre dépend des coordonnées collectées en juin. Relevez un mobile par logement, l’e-mail utile, identifiez le décideur côté bailleur. Actualisez les consignes d’accès: clé, badge, code immeuble, échelle, points d’ancrage, trappe de visite, ramonage par le bas autorisé ou non.
- Vérifier et corriger les numéros injoignables.
- Renseigner les contraintes d’accès toiture et les risques de chute d’objets.
- Noter le sens de ramonage pertinent selon l’appareil et le tubage.
- Documenter toute réserve qui conditionne la sécurité ou le passage futur.
Août: préparer la campagne d’automne
Regrouper les conduits dus par commune
À partir des fenêtres réglementaires, éditez la liste des conduits dus entre septembre et décembre. Regroupez par commune et par quartier, en signalant les adresses voisines. Dans chaque paquet géographique, séparez les conduits simples de ceux avec contraintes connues: toiture fragile, dévoiement important, absence de trappe, poêle à pellets nécessitant un démontage plus long.
Marquez les urgences contractuelles: copropriétés avec consignes du syndic, marché à accès limité certains jours, logement vacant avec remise de clés; ce tri accélère les propositions de créneau.
Construire les semaines de tournée
Intégrez les temps morts: trajets, stationnement, montées au toit, protection des abords, gestion des bacs à suie et des aspirateurs. Fixez, par technicien, un objectif de passages par jour compatible avec votre typologie et votre zone.
Annoncez les semaines cibles par commune et affectez les conduits difficiles aux binômes expérimentés. Évitez de panacher appareils bois très encrassés et conduits gaz à accès technique lourd.
Préparer les courriers aux bailleurs
Le ramonage relève des réparations locatives; l’occupant doit être présent ou représenté. Adressez aux propriétaires bailleurs: période de passage prévue, rappel des obligations, demande de transmission au locataire et recueil des jours et contraintes d’accès.
Dans les immeubles, coordonnez avec le syndic ou le gestionnaire: affichage, liste des logements concernés, consignes d’accès aux toitures terrasses, créneaux dédiés pour les colonnes montantes. Ces envois préparent les confirmations d’octobre.
Septembre et octobre: le cœur de la campagne
Les propositions de créneau et les confirmations
Envoyez des propositions groupées par commune, par SMS complété d’un e-mail: fenêtre horaire réaliste, consigne d’accès, demande de confirmation ou report en un clic. Les lots homogènes de 10 à 20 conduits par secteur tiennent mieux qu’une succession d’adresses isolées.
Appuyez-vous sur la campagne annuelle de prévention des intoxications au monoxyde de carbone, coordonnée par Santé publique France, alors que la période de chauffe débute. Un point d’information officiel est accessible sur le site du ministère chargé de la santé.
Le recalage d’une journée quand un report tombe
Comblez une annulation par un conduit de la même commune, sinon du secteur voisin. Tenez une liste tampon de conduits en attente dans la fenêtre réglementaire et appelez-les en priorité. Relancez les bailleurs à J-2 pour sécuriser la présence des locataires. Un recalage à chaud coûte moins qu’un retour dédié en novembre, surtout sur toitures difficiles.
La remise du document à chaque passage
Chaque passage se conclut par un document conforme: certificat de ramonage ou attestation d’entretien, mentionnant l’adresse du conduit, l’appareil raccordé, le combustible, la date, l’intervention réalisée, les anomalies constatées et les réserves. Joignez des photos utiles, notamment en l’absence de tubage ou en cas de dévoiement excessif.
Pour éviter les contestations après sinistre, relisez les exigences des assureurs et experts: mentions précises, signature, traçabilité. Voir les erreurs qui rendent un certificat de ramonage inutilisable après sinistre.
Novembre et décembre: les reports et les urgences
Rattraper les conduits reportés deux fois
En fin d’année, classez par criticité réglementaire: conduits déjà hors fenêtre, puis ceux à l’échéance fin décembre. Écartez les adresses qui ne répondent plus et concentrez vos appels sur les bailleurs réactifs et les communs permettant de regrouper trois ou quatre passages consécutifs.
Réservez des demi-journées dédiées aux conduits difficiles, exécutées par la même équipe. Limitez les déplacements interquartiers et privilégiez les accès connus, quitte à décaler un conduit facile à janvier.
Les appels après premier feu de la saison
Les premières flambées déclenchent des urgences: bistre en fusion, refoulement, nid découvert, gaine de tubage perforée, feu de cheminée. Évaluez le risque et arbitrez entre urgence et contrat. Un feu de conduit avéré passe devant; un encrassement signalé par l’occupant peut attendre la prochaine tournée du secteur.
N’y consacrez pas toute la semaine: allouez un nombre d’heures borné aux urgences, par équipe, et tenez le reste du plan pour protéger le récurrent et éviter des conduits dus non passés.
Janvier à mars: seconds passages et chaudières
Les conduits qui exigent deux opérations dans l’année
La fin d’hiver accueille les seconds passages imposés par certains règlements sanitaires départementaux. Dans de nombreux départements, les appareils à combustibles solides appellent deux opérations annuelles. Vérifiez le texte local de chaque département de votre parc et éditez la liste des conduits concernés.
Planifiez ces retours par commune, si possible en doublon d’une journée déjà prévue. Profitez-en pour lever les réserves signalées à l’automne: dévoiements excessifs, trappes de visite manquantes.
L’entretien annuel des chaudières et son attestation
L’entretien annuel des chaudières de 4 à 400 kW est obligatoire. L’arrêté du 15 septembre 2009 modifié prévoit la remise d’une attestation d’entretien au commanditaire dans un délai fixé par le texte. Organisez un flux clair: relevé des appareils concernés, programmation, attestation remise et archivée sous quinze jours en pratique, avec mesure de combustion et contrôles listés.
Signalez au client les défauts qui conditionnent la sécurité et documentez-les. Pour le texte de référence, consultez le site Légifrance.
Le retour sur les réserves signalées à l’automne
Convertissez les réserves en devis de fumisterie: tubage inox adapté, redressement d’un dévoiement trop marqué, isolation d’un boisseau exposé, création d’une trappe de visite. Vous avez photos, mesures et contexte d’usage; formalisez des propositions précises à réaliser avant la prochaine campagne d’automne.
Intégrez ces travaux aux semaines creuses de fin d’hiver. Chaque réserve levée sécurise la saison suivante, réduit les reports et renforce vos certificats face à un expert après sinistre.
Avril et mai: la revue des contrats non exécutés
Chiffrer ce qui n’a pas été fait
Établissez la liste des contrats non exécutés de la saison, par commune, type d’appareil et combustible. Calculez le chiffre d’affaires récurrent perdu et qualifiez la cause: coordonnées injoignables, refus du locataire, accès toiture, attente de travaux de tubage, annulation par le bailleur.
Ce chiffrage révèle les poches de perte et les points d’action. Pour une mesure poste par poste, voir ce que coûte un contrat de ramonage non exécuté sur une saison.
Relancer propriétaire et locataire
Adressez une relance structurée aux propriétaires et, le cas échéant, aux locataires: rappel de l’obligation d’entretien, fenêtre réglementaire non tenue, proposition de régularisation au prochain passage sur la commune. Documentez chaque échange pour pouvoir, en cas de sinistre, démontrer les réserves signalées et vos tentatives d’exécution.
Pour l’habitat diffus, programmez des rappels par SMS et courrier simple. En copropriété, passez par le syndic et couvrez un palier entier, même si cela impose deux samedis ciblés.
Décider des contrats à ne pas reconduire
Certains contrats resteront inexploitables sans changement de contexte. Décidez, en transparence avec le propriétaire, de ceux à ne pas reconduire. Notez les raisons: refus répété d’accès, danger persistant malgré devis, impossibilité d’intervention sécurisée.
Assainir le portefeuille avant juin allège l’automne et protège l’équipe. Si votre registre n’est pas carré, comparez fiches papier, tableur ou registre de conduits pour retenir la méthode qui tient vos fenêtres réglementaires.
Synthèse et passage à l’action
Un calendrier tenu de juin à mai, c’est une campagne d’automne calée, des certificats qui tiennent face à l’assureur et moins d’urgences. L’unité de suivi reste le conduit: adresse, appareil, combustible, département, fenêtre réglementaire, réserves, certificats.
Si vous souhaitez ancrer ce déroulé dans un outil de parc sous contrat, testez la planification et la campagne d’automne dans Fumisto. Vous y retrouvez la fréquence départementale par conduit, les propositions de créneau par SMS et l’édition des certificats et attestations conformes, prêts à être envoyés et archivés.
La suite
Vous voulez voir ce que donne votre parc dans un registre de conduits, avec la fréquence de chaque département et la date limite de chaque passage ? Nous ouvrons Fumisto sur vos adresses réelles, votre combustible dominant et vos contrats les plus anciens.
Demander une démonstration sur votre parcRéponse sous un jour ouvré
Jimenez Julien
Éditeur de Fumisto, il a passé plusieurs campagnes d’automne en camionnette avec des entreprises de ramonage, à relire des carnets de tournée et à comparer les règlements sanitaires département par département. Il répond lui-même aux demandes qui arrivent par ce site, et reprend les fichiers de parc adresse par adresse avant la première saison.
À lire aussi dans Le Carnet du Conduit
Construire le registre des conduits de votre parc, département par département
Vous intervenez sur plusieurs départements, et chacun applique son propre règlement sanitaire.
Ramonage: ce que le règlement sanitaire départemental impose vraiment
Sur un chantier, trois professionnels donnent trois réponses différentes sur la fréquence, sur le document à remettre et sur celui qui doit payer.
Six erreurs qui rendent votre certificat de ramonage inutile après un sinistre
Le certificat que vous remettez en fin de passage est la pièce que l’assureur du client réclamera après un feu de cheminée.