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Ce que coûte vraiment un contrat de ramonage non exécuté, poste par poste
Un conduit sous contrat qui n’est pas passé ne coûte pas seulement le prix du passage. Il coûte des kilomètres à vide, des heures de relance, un client qui glisse chez le concurrent et un risque que personne ne chiffre. Voici la trame de calcul à remplir avec vos propres tarifs, poste par poste.
Écrit par Jimenez Julien, éditeur de Fumisto. Publié le , mis à jour le .
Un contrat non exécuté n’est pas un simple rendez-vous manqué. Dans nos métiers, il écrase la rentabilité d’une tournée, fausse la campagne d’automne et laisse un conduit hors fenêtre réglementaire. On croit perdre un passage, on perd en fait une chaîne de postes, du kilomètre à vide au certificat de ramonage qui manque au dossier.
Ce qui suit est une trame de calcul à remplir avec vos montants, vos temps et votre parc sous contrat. Pas de moyenne nationale, pas de chiffres sortis d’un chapeau. Vous alignez vos factures, vous sortez votre coût horaire chargé et vous appliquez la méthode, département par département, combustible par combustible, conduit par conduit.
Poser vos propres chiffres avant de calculer
Prix moyen d’un passage dans votre secteur
Commencez par votre prix moyen facturé pour un ramonage d’un conduit standard, hors débistrage et hors tubage. Séparez bois, granulés, fioul et gaz si vous pratiquez des tarifs distincts, et rappelez-vous que pour des locaux d’habitation achevés depuis plus de deux ans, le taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée relève de l’article 279-0 bis du code général des impôts. C’est ce prix moyen, réellement encaissé, qui sert d’unité de base.
Coût horaire chargé d’un technicien et du fourgon
Calculez votre coût horaire chargé complet: salaires et charges, amortissement du fourgon et de l’aspirateur, consommables, assurance, carburant, frais administratifs. Ne sous-estimez pas le temps improductif, par exemple la manœuvre, le stationnement, le rangement du matériel. Ce coût horaire est la clé pour valoriser les kilomètres à vide, les relances et les déplacements pour rien.
Nombre de conduits dus et nombre réellement passés
Faites le point sur votre parc sous contrat: combien de conduits dus dans la fenêtre réglementaire, combien réellement passés dans la saison. Selon le règlement sanitaire départemental applicable au lieu du conduit, la fréquence varie avec le combustible. Votre vrai taux de passage se mesure département par département. Si vous hésitez encore sur ce registre, relisez le registre des conduits par département et alignez vos listes.
Poste 1: le passage jamais facturé
Le calcul de base sur une saison
Ici, pas de sophistication: multipliez le nombre de conduits non passés dans la fenêtre par votre prix moyen facturé pour un passage conforme. Le résultat n’est pas un manque à gagner théorique, c’est du chiffre d’affaires récurrent de ramonage qui s’érode et ne rentre pas cette saison. Travaillez par département et par combustible, car une fréquence différente peut déplacer la fenêtre d’un mois et affecter le nombre de passages réellement dus.
L’effet cumulé sur trois saisons
Projetez le même calcul sur trois saisons complètes. Chaque contrat de ramonage non exécuté cette année a une probabilité non nulle de rester hors fenêtre l’an prochain si vous ne le rattrapez pas. Additionnez par saison, puis présentez la somme sur trois ans. Vous verrez apparaître un volume de conduits qui sortent mécaniquement de votre rythme, avec une perte cumulée très supérieure à un simple passage. Cette projection est votre alerte interne avant l’automne.
Poste 2: les kilomètres et les heures perdues
Le passage à vide et le déplacement pour rien
Un déplacement sans intervention compte double: carburant et temps technicien. Valorisez-le à votre coût horaire chargé multiplié par la durée réelle porte à porte. Ajoutez une ligne pour le coût kilométrique du fourgon si vous le suivez séparément. Dans les secteurs ruraux, un passage à vide pèse autant qu’un ramonage réussi, parfois davantage.
- Carburant et usure, au kilomètre.
- Temps de trajet non productif, à valoriser au coût horaire.
- Temps d’attente sur place, perte sèche.
La tournée mal groupée
Quand votre planning vous éparpille, vous augmentez les temps d’approche et vous réduisez le temps passé brosse en main. Comparez une tournée regroupée par commune sur une semaine de campagne d’automne à une tournée hachée: même nombre de conduits, mais des heures en plus au volant. L’écart, multiplié par votre coût horaire, vous donne le coût indirect des contrats non exécutés qui empêchent un bon groupage.
Le temps de trajet entre deux communes
Chiffrez vos liaisons intercommunales moyennes: on ne parle pas d’une carte, on parle des trajets vraiment observés au compteur en octobre. Pour un parc éparpillé, ce temps explique souvent l’essentiel de la marge qui s’évapore. Si vous devez rappeler le rôle du règlement sanitaire départemental dans la fixation de la fenêtre, consultez ce que le règlement sanitaire départemental impose vraiment, puis regroupez les conduits dus par code postal et par semaine.
Poste 3: la relance manuelle
Appels sans réponse et messages laissés
Comptez les tentatives réelles nécessaires pour fixer un rendez-vous sur un conduit: appels, messages vocaux, SMS informels, rappels. Valorisez ces minutes au coût horaire du dirigeant quand c’est vous qui appelez, ou à celui d’une personne au bureau si vous déléguez. Même avec une bonne base clients, l’inefficacité d’une relance au fil de l’eau coûte cher et ne garantit pas un passage dans la fenêtre.
Courriers au propriétaire et au locataire
Dans un logement loué, le ramonage relève des réparations locatives selon le décret n° 87-712 du 26 août 1987. Vous devez informer le bailleur et le locataire, conserver la trace et, en cas d’absence prolongée, envoyer un courrier. Additionnez: temps de rédaction, affranchissement, archivage. Rappelez le taux de TVA applicable selon l’article 279-0 bis du code général des impôts pour vos factures, et séparez vos calculs propriétaires particuliers et bailleurs professionnels.
Le coût caché du soir et du samedi
Beaucoup d’entre nous relancent quand les toits sont faits: après 18 heures, parfois le samedi. Ce temps déborde sur la vie personnelle mais il pèse, en heures chargées, sur la rentabilité globale. Comparez ce poste avec une proposition de créneau envoyée automatiquement par message avec confirmation ou report en un clic: vous quantifiez l’écart de temps administratif pour une même tournée.
Poste 4: le client perdu et le parc qui s’érode
La valeur d’un conduit sur cinq ans
Raisonner passage par passage masque l’essentiel. Calculez la valeur d’un conduit sur cinq ans: ramonages simples, seconds passages imposés localement, éventuels entretiens d’appareil, petits travaux de remise en conformité DTU 24.1, attestations d’entretien pour chaudières de 4 à 400 kilowatts remises dans les quinze jours. Un conduit sorti de votre rythme ne disparaît pas, il glisse souvent chez un concurrent, avec toute la valeur future attachée.
L’effet sur le parc d’un bailleur
Un bailleur insatisfait retire rarement un seul logement, il retire un parc. La perte alors ne se compte pas en unités, mais en dizaines de conduits. Chiffrez un scénario: un bailleur part, vous perdez la chaîne de passages de l’hiver suivant, plus les seconds passages réglementaires éventuels. Et vous perdez le bouche-à-oreille positif qui remplit souvent les semaines creuses. L’érosion est lente quand on ne la mesure pas, rapide dès qu’un parc bascule.
Poste 5: le risque non chiffré du sinistre
Ce poste ne se calcule pas en probabilité, mais en exposition. Quand un feu de cheminée survient, l’assureur réclame le certificat de ramonage, les réserves mentionnées, les photos de l’accès, l’historique du conduit. Si vos certificats manquent une mention obligatoire, s’ils sont éparpillés, si le conduit n’a pas été passé dans la fenêtre réglementaire locale, vous allez y consacrer des heures: reconstitution du dossier, échanges avec l’expert, déplacement contradictoire.
Ajoutez l’effet moins visible sur la réputation: une affaire locale reste dans les têtes, surtout si le conduit cumule un dévoiement et un tubage non conforme pointés sans suite. Pour structurer ce volet, appuyez-vous sur un processus clair de constitution de dossier. En complément, lisez reconstituer le dossier du conduit pour l’expert et vérifiez votre propre trame, du certificat de ramonage à l’archivage des réserves.
Le tableau récapitulatif à remplir
Une ligne par poste, un total par saison
Regroupez vos postes dans un tableau unique, avec deux colonnes: le montant en euros et les heures correspondantes. L’objectif n’est pas la précision au centime, mais la cohérence: mêmes hypothèses sur toute la saison, mêmes coûts horaires, mêmes règles de fenêtre. Travaillez vos totaux par département si vous intervenez sur plusieurs réglementations locales, car la fréquence issue du règlement sanitaire départemental modifie votre base de calcul.
| Poste | Montant | Heures |
|---|---|---|
| 1. Passages non facturés | ||
| 2. Kilomètres et heures perdues | ||
| 3. Relances manuelles | ||
| 4. Clients perdus, parc en érosion | ||
| 5. Exposition au sinistre | ||
| Total annuel |
Le seuil à partir duquel s’outiller se rembourse
Une fois le total établi, vous connaissez votre coût annuel d’un contrat de ramonage non exécuté, poste par poste. Comparez-le au coût d’un outil qui suit la fenêtre réglementaire de chaque conduit, planifie la campagne d’automne par commune et produit des certificats et attestations opposables, envoyés et archivés dans les délais. Le bon seuil n’est pas théorique: c’est celui où vos kilomètres à vide, vos relances et vos pertes de parc baissent réellement, à contrôle des feuilles de route d’octobre.
En synthèse
Un contrat de ramonage non exécuté coûte bien plus qu’un passage manqué. Additionnés, les kilomètres à vide, les heures de relance, la perte de valeur d’un conduit sur cinq ans et l’exposition au sinistre finissent par peser lourdement sur le chiffre d’affaires récurrent de ramonage et la rentabilité de chaque tournée. Votre tableau chiffré, construit avec vos coûts et vos fenêtres locales, vous donne une ligne à ne plus franchir.
Si vous souhaitez comparer ce total avec un suivi outillé par conduit, consultez les tarifs du logiciel Fumisto, puis approfondissez vos bases réglementaires avec ce que le règlement sanitaire départemental impose vraiment. Pour mémoire, les textes cités sont consultables sur Legifrance.
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Jimenez Julien
Éditeur de Fumisto, il a passé plusieurs campagnes d’automne en camionnette avec des entreprises de ramonage, à relire des carnets de tournée et à comparer les règlements sanitaires département par département. Il répond lui-même aux demandes qui arrivent par ce site, et reprend les fichiers de parc adresse par adresse avant la première saison.
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